Loi relative aux assemblées d'ouvriers & artisans de même état & profession (loi Le Chapelier) · 1791–1864 (until 1867 in Belgium)

Le Chapelier Law

르 샤플리에 법

French law passed by the National Constituent Assembly in 1791 that declared the destruction of all corporations of citizens of the same trade or profession to be a fundamental basis of the constitution, forbidding their re-establishment under any pretext or form. It barred employers with open shops, workers and journeymen of the same trade from electing officers, keeping registers or adopting resolutions on their supposed common interests, and forbade administrative and municipal bodies to receive or answer petitions submitted in the name of a trade.

Primary text

Abolition of Privilege and LaborLoi Le Chapelier (14–17 juin 1791)

Loi relative aux assemblées d’ouvriers et artisans de même état & profession.

Donnée à Paris, le 17 juin 1791.

Louis, par la grace de Dieu, et par la Loi constitutionnelle de l’Etat, Roi des Français : à tous presents et à venir ; salut, L’Assemblée nationale a décrété , et nous voulons et ordonnons ce qui fuit.

I. L'anéantissement de toutes les espèces de corporations des citoyens du même état ou profession étant une des bases fondamentales de la constitution française, il est défendu de les rétablir de fait, sous quelque prétexte et quelque forme que ce soit.

II. Les citoyens d'un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte, les ouvriers et compagnons d'un art quelconque ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibérations, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs.

III. Il est interdit à tous corps administratifs ou municipaux de recevoir aucunes adresses ou pétitions sous la dénomination d'un état ou profession, d'y faire aucune réponse ; et il leur est enjoint de déclarer nulles les délibérations qui pourraient être prises de cette manière, et de veiller soigneusement à ce qu'il ne leur soit donné aucune suite ni exécution.

IV. Si, contre les principes de la liberté et de la constitution, des citoyens attachés aux mêmes professions, arts et métiers, prenaient des délibérations, ou faisaient entre eux des conventions tendant à n'accorder qu'à un prix déterminé le secours de leur industrie ou de leurs travaux, lesdites délibérations et conventions, accompagnées ou non du serment, sont déclarées inconstitutionnelles, attentatoires à la liberté et à la déclaration des droits de l'homme, et de nul effet ; les corps administratifs et municipaux seront tenus de les déclarer telles. Les auteurs, chefs et instigateurs, qui les auront provoquées, rédigées ou présidées, seront cités devant le tribunal de police, à la requête du procureur de la commune, condamnés chacun en cinq cents livres d'amende, et suspendus pendant un an de l'exercice de tous droits de citoyens actifs, et de l'entrée dans les assemblées primaires.

V. Il est défendu à tous corps administratifs et municipaux, à peine par leurs membres d’en répondre en leur propre nom, d’employer, admettre ou souffrir qu’on admette aux ouvrages de leurs professions dans aucuns travaux publics, ceux des entrepreneurs, ouvriers et compagnons qui provoqueraient ou signeraient lesdites délibérations ou conventions, si ce n’est dans le cas où, de leur propre mouvement, ils se seraient présentés au greffe du tribunal de police pour se rétracter ou désavouer.

VI. Si lesdites délibérations ou convocations, affiches apposées, lettres circulaires, contenaient quelques menaces contre les entrepreneurs, artisans, ouvriers ou journaliers étrangers qui viendraient travailler dans le lieu, ou contre ceux qui se contenteraient d'un salaire inférieur, tous auteurs, instigateurs et signataires des actes ou écrits, seront punis d'une amende de mille livres chacun et de trois mois de prison.

VII. Ceux qui useraient de menaces ou de violences contre les ouvriers usant de la liberté accordée par les lois constitutionnelles au travail et à l'industrie, seront poursuivis par la voie criminelle et punis suivant la rigueur des lois comme perturbateurs du repos public.

VIII. Tous attroupements composés d'artisans, ouvriers, compagnons, journaliers, ou excités par eux contre le libre exercice de l'industrie et du travail, appartenant à toutes sortes de personnes, et sous toute espèce de conditions convenues de gré à gré, ou contre l'action de la police, et à l'exécution des jugements rendus en cette matière, ainsi que contre les enchères et adjudications publiques de diverses entreprises, seront tenus pour attroupements séditieux, et comme tels ils seront dissipés par les dépositaires de la force publique, sur les réquisitions légales qui leur en seront faites, et punis selon toute la rigueur des lois, sur les auteurs, instigateurs et chefs desdits attroupements, et sur tous ceux qui auront commis des voies de fait et des actes de violence.

Mandons, etc. Signé LOUIS. Et plus bas, M. L. F Duport; Et scellées du sceau de l’Etat.

In depth

Enactment context

The Allarde Decree of 2 and 17 March 1791 proclaimed freedom of enterprise and expressly abolished guilds and corporations; the Le Chapelier Law completed that liberalisation with a repressive prohibition of worker association. Presenting the bill, Isaac René Guy le Chapelier described an alarming pre-union movement of workers coalescing in assemblies spreading through the Kingdom to impose minimum daily wages and to found mutual aid societies, arguing that free contracts between individuals should fix each worker's day rate. Echoing Rousseau's Social Contract, from which he took whole passages, he held that while all citizens may assemble, citizens of particular professions may not assemble for their supposed common interests, because only individual and general interests may exist in the state. The debate in the Assembly was very brief; without contesting the substance, deputy Jean-François Gaultier de Biauzat tried unsuccessfully to postpone the vote and raised concern that the law threatened citizens' rights to assemble and associate.

Penalties and enforcement

Bodies, heads and instigators of wage-fixing deliberations or agreements were fined 500 livres each and suspended for one year from the rights of active citizenship, and public works were to exclude those who promoted or signed such agreements. Threats against outside workers or against those accepting lower wages carried fines of 1,000 livres and three months' imprisonment. Article VIII classified workers' gatherings aimed at obstructing the free exercise of industry and labour as seditious assemblies (attroupements séditieux) to be dispersed by public force and punished with the full rigour of the law. The prohibition covered both workers' and employers' associations, but enforcement was asymmetric: any workers' coalition could be punished by imprisonment, whereas employers' coalitions were punished only when their aim was to lower wages.

Repeal and legacy

The law effectively barred guilds and trade unions in France from 1791 until 1864, and remained in force in Belgium until it was repealed there in 1867. Repeal came in two stages: the loi Ollivier of 25 May 1864 abolished the délit de coalition, and the loi Waldeck-Rousseau of 21 March 1884 legalised trade unions. The law also produced resistance. Private defence leagues appeared among carpenters from 1800, and the ban on workers' coalitions was renewed by the law of 12 April 1803, by Articles 414-415 of the 1810 Penal Code, and again by the law of 15 March 1849. It did not prevent the formation of real employers' syndicates or the organisation of compagnonnage societies, and worker cooperatives from 1834 were treated as coalitions under the law until the law of 24 July 1867.

Assessments

The common formulation that the law 'abolished the right to strike' requires qualification: it barred guilds, trade unions and compagnonnage and removed the possibility of collective action, but it cannot literally have abolished a right to strike, since no such right existed in French law before 1791. Marx called the law prohibiting workers' combination a veritable coup d'État des bourgeois; Émile Durkheim regarded it as the origin of the destruction of a social bond in modern societies. Historian Steven Kaplan, while finding the Marxist reading tempting, argues it is better read as a Rousseau-like horror of intermediate or partial associations that contested the superiority of the general will.

In the chronology

The law is also referred to as the Le Chapelier laws of 22 May and 14 June 1791; renewed by the 1810 Penal Code, strikes remained prohibited until the law promulgated 25 May 1864. Together with the decree of 18 August 1792 it contributed to the dissolution of the university and medical faculties in the name of free medical practice, until the health schools of Paris, Montpellier and Strasbourg were created on 4 December 1794.

Sources

  1. Wikipedia (EN)
  2. fr.wikipedia.org
  3. fr.wikisource.org
  4. fr.wikipedia.org
  5. vie-publique.fr
  6. Wikipedia (EN)
  7. Wikipedia (EN)