Levée en masse
국민총동원령
A French term for a policy of mass national conscription, often in the face of invasion, and for the decree that the National Convention adopted on 23 August 1793 during the French Revolutionary Wars. It denotes a short-term requisition of all able-bodied men to defend the nation, and unlike an uprising against one's own government it entails organized resistance against an invader. The concept originated in France and was later applied to other cases of mass conscription.
Primary text
« La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son comité de Salut public, décrète :
Art. 1er.
« Dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées.
« Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits, et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le vieux linge en charpie ; les vieillards se feront porter sur les places publiques, pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l’unité de la République.
Art. 2.
« Les maisons nationales seront converties en casernes, les places publiques en ateliers d’armes ; le sol des caves sera lessivé, pour en extraire le salpêtre.
Art. 3.
« Les armes de calibre seront exclusivement remises à ceux qui marcheront à l’ennemi ; le service de l’intérieur se fera avec des fusils de chasse et l’arme blanche.
Art. 4.
« Les chevaux de selle sont requis pour compléter les corps de cavalerie ; les chevaux de trait, autres que ceux employés à l’agriculture, conduiront l’artillerie et les vivres.
Art. 5.
« Le comité de Salut public est chargé de prendre toutes les mesures nécessaires pour établir, sans délai, une fabrication extraordinaire d’armes de tout genre qui réponde à l’élan et à l’énergie du peuple français. Il est autorisé, en conséquence, à former tous les établissements, manufactures, ateliers et fabriques qui seront jugés nécessaires à l’exécution de ces travaux, ainsi qu’à requérir, pour cet objet, dans toute l’étendue de la République, les articles et les ouvriers qui peuvent concourir à leurs succès. Il sera mis, à cet effet, une somme de « trente millions » à la disposition du ministre de la guerre, à prendre sur les 498,200,000 livres, assignats qui sont en réserve dans la caisse à trois clefs. L’établissement central de cette fabrication extraordinaire sera fait à Paris.
Art. 6.
« Les représentants du peuple envoyés pour l’exécution de la présente loi, auront la même faculté dans leurs arrondissements respectifs, en se concertant avec le comité de Salut public. Ils sont investis des pouvoirs illimités attribués aux représentants du peuple près les armées.
Art. 7.
« Nul ne pourra se faire remplacer dans le service pour lequel il sera requis. Les fonctionnaires publics resteront à leur poste.
Art. 8.
« La levée sera générale ; les citoyens non mariés, ou veufs sans enfants, de 18 à 25 ans, marcheront les premiers. Ils se réuniront, sans délai, au chef-lieu de leur district, où ils s’exerceront tous les jours au maniement des armes, en attendant l’heure du départ.
Art. 9.
« Les représentants du peuple régleront les appels et les marches de manière à ne faire arriver les citoyens armés au point de rassemblement, qu’à mesure que les subsistances, les munitions, et tout ce qui compose l’armée matérielle, se trouvera exister en proportion suffisante.
Art. 10.
« Les points de rassemblement seront déterminés par les circonstances, et désignés par les représentants du peuple envoyés pour l’exécution de la présente loi, sur l’avis des généraux, de concert avec le comité de Salut public et le conseil exécutif provisoire.
Art. 11.
« Le bataillon qui sera organisé dans chaque district sera réuni sous une bannière portant cette inscription : « Le peuple français debout contre les tyrans. »
Art. 12.
« Ces bataillons seront organisés d’après les lois établies, et leur solde sera la même que celle des bataillons qui sont aux frontières.
Art. 13.
« Pour rassembler des subsistances en quantité suffisante, les fermiers et régisseurs des biens nationaux verseront dans le chef-lieu de leur district respectif, en nature de grains, le produit de ces biens.
Art. 14.
« Les propriétaires, fermiers et possesseurs de grains seront requis de payer en nature les contributions arriérées, même les deux tiers de celles de 1793, sur les rôles qui ont servi à effectuer les derniers recouvrements.
Art. 15.
« La Convention nationale nomme les citoyens Chabot, Tallien, Lecarpentier, Renaud, Dartigoeyte, Laplanche (de la Nièvre), Mallarmé, Legendre (de la Nièvre), Lanot (de la Corrèze), Roux-Fazillac, Paganel, Boisset, Taillefer, Baile, Pinet, Fayau, Lacroix (de la Marne), et Ingrand, pour adjoints aux représentants du peuple qui sont actuellement près les armées et dans les départements, pour l’exécution du présent décret, et de toutes les mesures déjà décrétées sur le vœu des envoyés des assemblées primaires, contre les ennemis de l’intérieur et les administrateurs qui ont conspiré contre la souveraineté du peuple et l’indivisibilité de la République.
« Le comité de Salut public fera la répartition de leurs arrondissements respectifs. »
Art. 16.
« Les envoyés des assemblées primaires sont invités à se rendre incessamment dans leurs cantons respectifs, pour remplir la mission civique qui leur a été donnée par le décret du 14 août, et recevoir les commissions qui leur seront données par les représentants du peuple.
Art. 17.
« Le ministre de la guerre est chargé de prendre toutes les mesures nécessaires pour la prompte exécution du présent décret. Il sera mis à sa disposition par la Trésorerie nationale, une somme de 50,000,000 de livres, à prendre sur les 498,200,000 livres, assignats qui sont dans la caisse à trois clefs.
Art. 18.
« Le présent décret sera porté dans les départements par des courriers extraordinaires. »
In depth
Immediate context
On 24 February 1793 the National Convention decreed a levy of about 300,000 men by departmental quota. In March 1793 France was at war with Austria, Prussia, Spain, Britain, Piedmont and the United Provinces, and by mid-1793 the army numbered about 645,000. The military situation deteriorated, with Mainz falling on 23 July 1793, and recruitment in the conservative Vendée fed discontent that erupted into civil war on 11 March 1793. From spring 1793 the idea of a mass levy ran through the sections, popular societies and the Convention, and on 16 August a deputation told the Convention the people no longer wanted a war of tactics.
The decree of 23 August 1793
The decree was penned by Barère in conjunction with Lazare Carnot and enacted by the National Convention. It opened: "From this moment until such time as its enemies shall have been driven from the soil of the Republic, all Frenchmen are in permanent requisition for the services of the armies." Unmarried able-bodied men aged 18 to 25 (in the French account bachelors and widowers without children) were requisitioned with immediate effect for military service, and no one could obtain a substitute.
Division of labour
The decree assigned a division of labour: "The young men shall fight; the married men shall forge arms and transport provisions; the women shall make tents and clothes and shall serve in the hospitals; the children shall turn old linen into lint; the old men shall betake themselves to the public squares in order to arouse the courage of the warriors and preach hatred of kings and the unity of the Republic."
Whole-economy mobilization and military significance
Beyond military service the whole nation was mobilized: national buildings became barracks, public places armament workshops, the soil of cellars was washed to extract saltpeter, and arms, saddle horses and draught horses were requisitioned. The Committee of Public Safety was charged with establishing arms manufacture, with 50,000,000 livres from the assignat "Fund of the Three Keys" and the central establishment at Paris placed at its disposal; representatives of the people received corresponding authority. The levy expanded the French Revolutionary Army (1792–1804), which by the mid-1790s was arguably the most powerful force, its revolutionary fervour, poor equipment and great numbers joined to Carnot's "amalgamation" of volunteers and former royal-army veterans in the same regiment; on the proclamation of the Empire in 1804 it became the Imperial Army.
Popular resistance
The levy provoked strong peasant discontent and riots, especially in western France, and is described as the trigger of the Vendée war. Insurrections broke out in March 1793 in Vendée, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Morbihan and Deux-Sèvres, spreading more partially in Mayenne, Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Finistère and Sarthe; republicans subdued the insurgents north of the Loire but failed south of the river. The levy was not popular, and desertion and evasion were high, yet the English account holds the effort was sufficient to turn the tide of the war, with no further conscription needed until 1797.
Interpretation and afterlife
Conceptually, the new political rights given to the mass of the French people created new obligations to the state; the levy was created and understood as a means to defend the nation by the nation, and it heralded the age of total war, displacing the restricted "cabinet wars" (1715–1792) of professional armies. The concept of mass conscription was kept in place during the Napoleonic Wars, and the term is also applied to other historical examples of mass conscription. The French account says the decree inspired the law on national service until its abolition in 1997, and notes Hitler's proclamation of a levée en masse in early January 1945.
A double-sided assessment
Within its own terms the decree served the Republic's defence, and working-class soldiers formed the core of the revolutionary armies; at the same time it was carried out by the Committee of Public Safety as one of the policies of the Terror. The Committee assigned representatives on mission to keep watch on the generals; some generals deserted, others were removed or executed, and aristocratic officers who remained were accused of monarchist sympathies and either executed or forced into exile. The English account offers reconstructions such as about 800,000 available for active service in 1794 and, from amnesty claims, 175,000 deserters reported in 1800.